L’éthique est la boussole de la permaculture. Elle permet d’évaluer non seulement ce que produit un projet, mais aussi la manière dont il prend soin du vivant et répartit les ressources.
Les trois dimensions de cette éthique sont interdépendantes. Elles ne constituent ni un label automatique ni une liste à cocher : elles invitent à questionner les effets réels de nos décisions et à les réviser lorsque le retour du terrain l’exige.
Prendre soin de la Terre
Prendre soin de la Terre signifie préserver et restaurer les conditions qui rendent la vie possible : sols vivants, eau, air, forêts, biodiversité et cycles écologiques.
- reconnaître la valeur propre des espèces et des milieux ;
- réduire les prélèvements et les pollutions ;
- régénérer les ressources dégradées ;
- concevoir des usages compatibles avec les capacités du lieu.
Prendre soin des êtres humains
La dimension sociale ne peut pas être séparée de la dimension écologique. Les personnes ont besoin de sécurité, de santé, d’autonomie, de sens, d’écoute et de liens pour pouvoir contribuer durablement à un projet.
- commencer par prendre soin de soi et de ses proches ;
- créer des conditions d’entraide et de coopération ;
- rendre les savoirs et les moyens d’agir accessibles ;
- respecter les limites, les différences et le consentement ;
- rechercher l’autonomie sans confondre celle-ci avec l’isolement.
Partager équitablement
Partager équitablement invite à reconnaître les limites, à modérer la consommation et à redistribuer les surplus de temps, de savoir, d’espace, d’argent ou de production.
Cette éthique concerne les humains, mais aussi la part de ressources et d’espace laissée aux autres formes de vie et aux générations futures. Elle ne demande pas une égalité mécanique : elle cherche une répartition juste au regard des besoins, des responsabilités et des capacités.
Trois dimensions à mettre en dialogue
Une action favorable dans un domaine peut produire un coût dans un autre. Une solution technique qui restaure un sol mais épuise les personnes n’est pas pleinement régénérative. Une organisation très solidaire qui dépend de ressources détruisant des milieux lointains doit également être questionnée.
Quelques questions pour décider
- Qui bénéficie de cette décision et qui en supporte les coûts ?
- Que devient l’eau, le sol, l’énergie ou la matière mobilisée ?
- La solution renforce-t-elle l’autonomie et la capacité d’agir ?
- Les personnes concernées ont-elles pu participer à la décision ?
- Que pourrions-nous partager, réduire ou restituer ?
- Quels indicateurs permettront de savoir si la situation s’améliore réellement ?
Une éthique vivante : plutôt que chercher à paraître irréprochable, il s’agit de rendre les arbitrages visibles, d’écouter les rétroactions et de progresser collectivement.
Contenu repris et actualisé à partir des quatre pages consacrées à l’éthique sur permaculture.support — 3 septembre 2026. Licence CC BY-SA 4.0.